• 7 mars 2026
  • N'Djamena

Décentralisation : Des panels d’experts au service d’une gouvernance locale efficace

Décentralisation : Des panels d’experts au service d’une gouvernance locale efficace

Dans le cadre du séminaire national sur la décentralisation, une série de panels animés par des experts chevronnés s’est tenue à N’Djamena. Organisé dans un esprit de dialogue et de réflexion stratégique, l’événement a permis d’aborder en profondeur les enjeux juridiques, institutionnels et pratiques liés au processus de décentralisation au Tchad.

Un cadre juridique à consolider

Le premier panel, tenu le mardi 22 juillet, a été animé par Dr Robenate Jean Calvin, enseignant-chercheur, accompagné de M. Kadadi Dody, administrateur civil. Les deux intervenants ont insisté sur la nécessité d’un cadre juridique cohérent et adapté aux réalités locales. Selon Dr Robenate, « la réussite de la décentralisation repose sur l’adoption de textes harmonisés, capables de renforcer la gouvernance locale et de doter les collectivités des outils indispensables à l’accomplissement de leurs missions ».

Clarifier les responsabilités des collectivités

Le second panel a porté sur les responsabilités des collectivités autonomes. Les intervenants ont souligné que la décentralisation ne doit pas se réduire à un simple transfert de compétences. Elle exige un engagement concret des élus locaux, une redevabilité accrue, ainsi qu’une prise en compte effective des besoins des citoyens. Ils ont également mis en lumière l’importance d’un accompagnement technique et financier de l’État afin de permettre aux collectivités d’exercer pleinement leurs prérogatives dans des conditions optimales.

Le rôle du représentant de l’État redéfini

Le troisième panel s’est penché sur la fonction du représentant de l’État auprès des collectivités. Il a été rappelé que ce rôle n’est pas d’exercer une autorité contraignante, mais de veiller au respect des lois, à la cohésion nationale et à l’équilibre institutionnel.« Le représentant de l’État doit être un facilitateur du dialogue et un garant du cadre légal, non un superviseur autoritaire », a précisé un intervenant.

Une troisième journée marquée par des échanges techniques

Le mercredi 23 juillet, les travaux se sont poursuivis avec l’examen de trois thématiques essentielles :
Le transfert des compétences et des ressources ;

Les mécanismes de financement ;

La gestion financière des collectivités autonomes.

Ces thématiques ont été abordées par des experts de renom :

M. Mbaitel Berang Salomon, administrateur des services financiers ;

Dr Weye Adamou, enseignant-chercheur à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques ;

M. Souleymane Nasser Niane, consultant international et expert en gouvernance.

La journée a été placée sous le sceau de la rigueur intellectuelle et de l’engagement en faveur d’une décentralisation véritablement opérationnelle, équitable et orientée vers un développement durable.
Les échanges ont été enrichis par les contributions des participants issus de divers horizons, tous unis par la volonté de faire progresser la gouvernance locale.

Des recommandations stratégiques

Au terme des discussions, plusieurs recommandations majeures ont été formulées :

Le renforcement de la formation des élus locaux ;

La clarification des compétences transférées aux collectivités ;

La mise en place d’un cadre permanent de concertation entre l’État et les collectivités afin d’éviter les chevauchements et d’améliorer la coordination. Ce séminaire marque une étape décisive et charnière dans la consolidation de la décentralisation au Tchad, en tant que levier fondamental du développement local et de la démocratie de proximité.

Makingabeye Halimé