Les usagers de la route à N’Djamena vivent un véritable calvaire, qu’il pleuve ou qu’il fasse sec. En saison des pluies, les routes boueuses rendent la circulation difficile, tandis qu’en saison sèche, c’est la poussière qui envahit l’air. Avec une population estimée à environ deux millions d’habitants, la capitale tchadienne dispose de moins de 10 artères principales reliant les quartiers périphériques au centre-ville. Les rues secondaires, quant à elles, ne sont pas bitumées, aggravant les problèmes de mobilité.
Des embouteillages et des véhicules en mauvais état
Les conséquences de cette situation sont visibles au quotidien : embouteillages interminables et routes souvent bloquées. De plus, une grande partie des véhicules en circulation sont vétustes et mal entretenus, ce qui ne fait qu’aggraver les problèmes. Les rues principales, comme la rue de 40 mètres, l’avenue Acyl Ahmat Akhabach (route de Farcha), les avenues Pascal Yoadoumnadji, Jacques Nadjingar ou encore Charles de Gaulle (quasiment hors d’usage), sont régulièrement saturées. Les rares routes existantes sont mal entretenues, sans oublier les conduites indisciplinées. Tous ces problèmes réunis font que circuler à N’Djamena est un chemin de croix.
Le défi des ponts : une infrastructure insuffisante
Un autre défi majeur réside dans les moyens de franchissement. N’Djamena, traversé par le fleuve Chari, ne compte qu’un seul pont fonctionnel pour les véhicules : le pont Taiwan, offert par Taïwan en 2002. Ce pont relie la capitale au sud du pays et à Kousseri (Cameroun), une voie essentielle pour le ravitaillement de la ville. Quant au pont de Chagoua, construit en 1959, est uniquement réservé aux piétons et motocyclistes. Le Tchad n’a pas encore construit son propre pont, celui de Chagoua étant une œuvre coloniale. Un deuxième pont est en construction depuis 2019, mais son achèvement reste attendu.
Une croissance démographique qui accroît les défis
Selon les projections démographiques, la population de N’Djamena croît à un rythme de 6 % par an, soit près de deux fois plus que la croissance globale du Tchad, qui est de 3,5 %. Cette explosion démographique met en lumière l’urgence de développer les infrastructures urbaines pour répondre aux besoins croissants en mobilité.
Des motifs d’espoir ?
Malgré ces défis, des initiatives laissent entrevoir un espoir de changement. Lors de la campagne présidentielle de 2024, le président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a promis la construction de 7 000 kilomètres de routes, inscrits dans les “100 actions” de son programme politique. Il a également annoncé la construction d’un nouveau pont entre Kousseri et N’Djamena, en direction de Farcha.
C’est peut-être dans l’optique de concrétiser ces projets que s’est ouvert à N’Djamena le 18 février, le Forum international sur le développement des infrastructures au Tchad (FIDIT). Il faut rappeler que dans l’action 67 de son programme politique, le président a promis « la création du Bus Rapid Transit (BRT) de N’Djamena. Ce réseau de transports en commun permettra de réduire drastiquement la dépendance aux véhicules à essence, diminuer les embouteillages et promouvoir une mobilité douce et durable », réaliste ? Réponse dans 4 ans.