• 6 mars 2026
  • N'Djamena

CHU de la Mère et de l’Enfant : Le combat silencieux des enfants diabétiques

CHU de la Mère et de l’Enfant : Le combat silencieux des enfants diabétiques

Nous sommes au Centre Hospitalier Universitaire de la Mère et de l’Enfant, au cœur de l’unité de pédiatrie, plus précisément dans le service d’endocrinologie et de diabétologie. Ici, des enfants âgés de 2 à 12 ans, aux visages marqués par l’innocence et la fragilité, livrent un combat silencieux contre une maladie chronique : le diabète de type 1.

Dans la salle de consultation, l’ambiance est lourde, empreinte de gravité. Les parents, nombreux, attendent leur tour, serrant affectueusement leurs enfants dans les bras. Certains découvrent à peine le diagnostic ; d’autres, déjà aguerris, sont là pour un suivi régulier. Le quotidien de ces familles est désormais rythmé par des consultations médicales, le contrôle rigoureux de la glycémie, les injections quotidiennes d’insuline et une hygiène alimentaire stricte.

Le Dr Djaury Dadji, pédiatre-diabétologue, reçoit chaque patient avec patience et pédagogie. Il rappelle que le diabète de type 1 est une maladie auto-immune qui détruit les cellules du pancréas responsables de la production d’insuline. Incurable, elle reste néanmoins maîtrisable à condition d’un suivi médical strict et d’une implication totale des parents. « Chaque famille doit apprendre à détecter les signes d’hypoglycémie, surveiller la glycémie plusieurs fois par jour, administrer correctement l’insuline et adapter l’alimentation de l’enfant », explique le spécialiste. Le diagnostic est souvent un choc pour les parents. À la douleur s’ajoute la contrainte financière : l’achat de l’insuline, des stylos injecteurs, des bandelettes de test et autres dispositifs reste coûteux pour nombre de ménages. À cela s’ajoute une réalité préoccupante : la méconnaissance de la maladie dans plusieurs foyers, entraînant parfois un retard de prise en charge aux conséquences dramatiques. « L’information, la sensibilisation et le soutien psychosocial sont essentiels pour accompagner efficacement les enfants et leurs familles », souligne le Dr Dadji.

Dans ce combat quotidien, le rôle des parents est central. Leur vigilance, leur discipline et leur engagement déterminent l’équilibre glycémique et, parfois, la survie même de l’enfant. Le médecin insiste sur la nécessité d’un partenariat solide entre les familles et les équipes médicales, condition sine qua non d’une gestion réussie de la maladie.

Dans la salle d’attente, des enfants attendent, certains fatigués, blottis contre leurs proches ; d’autres jouent à demi, avec cette résilience propre à l’enfance. Leur souffrance est invisible, mais leur courage est immense.

Au-delà des prescriptions, ces jeunes patients attendent autre chose : un engagement ferme des autorités sanitaires. Une politique de santé plus inclusive, un système de prise en charge accessible, des traitements moins onéreux. Car si le diabète de type 1 est incurable, l’indifférence, elle, ne l’est pas.
Et pour ces enfants, chaque geste de solidarité, chaque réforme bien pensée peut faire la différence entre survivre et vivre pleinement.

Enfin, le diabète de type 1 ne se prévient pas, mais ses complications, elles, le peuvent. En informant, en accompagnant, en allégeant le fardeau des familles, l’on peut offrir à ces enfants une vie plus stable, plus digne, plus sereine. La sensibilisation doit être une urgence de santé publique.

Yarcho Abani Abicho