• 6 avril 2025
  • N'Djamena

Changement de cap à l’UA : Mahamoud Ali Youssouf, le choix de l’Afrique

Changement de cap à l’UA : Mahamoud Ali Youssouf, le choix de l’Afrique

En mars prochain, le ministre djiboutien des Affaires étrangères, Mahamoud Ali Youssouf, succédera à Moussa Faki Mahamat à la présidence de la Commission de l’Union Africaine (UA). Cette élection, marquée par un suspense intense, a finalement été remportée par le candidat djiboutien au 7ᵉ tour de scrutin, avec 33 voix sur 49, face à son rival historique, le Kényan Raila Odinga. Pourtant donné favori, ce dernier avait largement dominé le premier tour avec plus de 20 voix . Cependant, le score s’est progressivement inversé en faveur de Mahamoud Ali Youssouf aux tours suivants. Selon certains observateurs, l’âge de Raila Odinga, 80 ans, aurait joué en sa défaveur, tandis que le Djiboutien, âgé de 59 ans, a su grappiller candidat malgache qui a été éliminé.

Un diplomate chevronné

Après avoir achevé ses études en France, Mahamoud Ali Youssouf a entamé sa carrière professionnelle en 1992 au sein du Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de son pays. Il est devenu ministre délégué de ce département en 2000, puis ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale en mai 2005. Un poste qu’il occupe jusqu’à son élection à la présidence de la Commission de l’UA. Ses premières réactions témoignent d’une grande satisfaction et d’une fierté partagée avec le peuple djiboutien.

Des dossiers brûlants à gérer

« Mahamoud sera l’homme qu’il faut, là où il faut, pour mener à bien les missions que les chefs d’État africains lui ont confiées, au service de l’Afrique et des Africains », a-t-il déclaré sur X. Ce diplomate parfaitement trilingue (arabe, français et anglais) aura pour mission de s’attaquer à plusieurs dossiers sensibles, notamment la résolution du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo et la guerre au Soudan. Il devra également se pencher sur la réintégration des pays ayant connu des changements de pouvoir non constitutionnels, comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger et la Guinée, une recommandation soutenue par plusieurs chefs d’État, dont le Maréchal aréchal Mahamat Idriss Déby Itno.

Enfin, Mahamoud Ali Youssouf devra poursuivre l’objectif d’autofinancement de l’Union Africaine, une priorité déjà soulignée par son prédécesseur, Moussa Faki Mahamat. Un défi de taille pour ce nouveau leader, qui aura la lourde tâche de porter les ambitions de l’Afrique sur la scène internationale avec le soutien du tout nouveau président en exercice de l’Union Africaine, l’angolais João Lourenço.