À Amdjarass, ville située dans l’extrême nord-est du Tchad, la population fait face à une crise énergétique persistante. Malgré la présence de vents constants et l’installation d’éoliennes autour de la ville, l’accès à l’électricité reste très limité, voire inexistant dans plusieurs quartiers. Une situation paradoxale qui suscite de plus en plus d’inquiétudes parmi les habitants.
Les raisons…
Les éoliennes de la société ADERM, bien que visiblement fonctionnelles, ne produisent pas suffisamment d’énergie pour répondre aux besoins de la ville. Certaines tournent, mais l’électricité générée n’atteint toujours pas les foyers. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce décalage entre le potentiel énergétique et la réalité du terrain : équipements défectueux, réseau de distribution inexistant ou mal entretenu, mauvaise gestion technique, voire absence de suivi régulier.
Contactée à plusieurs reprises, la société en charge du projet n’a pas donné suite à nos demandes d’explication. Chaque nuit, Amdjarass plonge dans l’obscurité. Une obscurité qui accroît les risques d’insécurité, ralentit les activités économiques et pousse les commerces à fermer plus tôt. Au-delà de l’inconfort, cette coupure énergétique freine le développement de toute une ville.

Des frustations…
Face à cette situation, la frustration est palpable. Des voix s’élèvent pour demander des comptes aux autorités locales et nationales, mais aussi pour exiger des actions concrètes. Pour beaucoup, il est incompréhensible qu’un territoire doté d’un fort potentiel en énergies renouvelables vive toujours dans le noir.
Une solution durable nécessite un diagnostic complet du système énergétique d’Amdjarass : identification des défaillances, réhabilitation des infrastructures, transparence dans la gestion des ressources et investissements renforcés. L’électricité n’est pas un luxe. Redonner la lumière à Amdjarass, c’est redonner espoir à ses habitants.
Abdoussamat Mahamat Djouma

