Les services du Fonds monétaire international (FMI) et les autorités tchadiennes sont parvenus à un accord au niveau des services sur la première revue du programme économique appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), un mécanisme de soutien financier approuvé en juillet 2025 pour un montant global de 455,65 millions de Droits de Tirage Spéciaux (DTS), soit environ 655 millions de dollars américains.
Cet accord fait suite à une mission du FMI conduite à N’Djamena du 13 au 21 novembre 2025, dans le cadre de l’évaluation des engagements pris par le Tchad au titre du programme soutenu par la FEC. Il reste soumis à l’approbation de la direction du FMI, ainsi qu’à l’obtention des assurances relatives aux politiques régionales et à la confirmation des financements, avant son examen par le Conseil d’administration de l’institution.
Une mise en œuvre jugée globalement satisfaisante
Selon le FMI, la mise en œuvre du programme au titre de la FEC affiche des résultats globalement satisfaisants à fin juin 2025. Tous les critères de réalisation quantitatifs ont été respectés, notamment ceux relatifs aux recettes non pétrolières, à la maîtrise de la masse salariale et au solde primaire hors pétrole, traduisant une discipline budgétaire renforcée.
Deux des trois objectifs indicatifs ont également été atteints, avec une réduction notable des arriérés de paiement intérieurs, évaluée à 42 milliards de FCFA envers les fournisseurs, ainsi que l’apurement de 51 milliards de FCFA d’arriérés extérieurs. Le seul objectif non atteint concerne le financement intérieur net, en raison de retards dans la restructuration des banques publiques, un chantier que les autorités se sont engagées à accélérer.
Des perspectives économiques favorables soutenues par la FEC
Le FMI souligne que l’accord au titre de la FEC intervient dans un contexte de bonne tenue de l’activité économique. Le PIB réel du Tchad a progressé de 5,0 % en 2024, porté par le dynamisme du secteur non pétrolier, et les projections font état d’une croissance d’environ 5,6 % en 2025. Les perspectives pour 2026 ont été révisées à la hausse, à 5,1 %, sous réserve de la poursuite des réformes et de la mise en œuvre effective du Plan national de développement (PND).
L’inflation, quant à elle, a connu une forte décélération, devenant négative en 2025 pour atteindre –4,3 % en novembre, principalement grâce à la baisse des prix des denrées alimentaires et à l’amélioration de la production agricole.
Le budget 2026 aligné sur les engagements de la FEC
Le FMI a salué l’adoption du budget 2026, jugé conforme aux objectifs du programme soutenu par la FEC. Les autorités tchadiennes y affichent des ambitions claires en matière d’augmentation des recettes non pétrolières, de contrôle des dépenses, et de création d’un espace budgétaire en faveur des investissements productifs et des dépenses sociales, conformément aux engagements pris dans le cadre de l’accord.
Réformes structurelles et priorités sociales
Si certaines réformes structurelles ont enregistré des retards, le FMI note la volonté des autorités de poursuivre les transformations prévues dans le cadre de la FEC, notamment en matière de gouvernance, de gestion des finances publiques, de transparence budgétaire et de restructuration du secteur bancaire. Le renforcement des filets de protection sociale demeure également une priorité, dans un contexte marqué par une intensification des besoins humanitaires, avec près de 1,5 million de réfugiés et demandeurs d’asile présents sur le territoire tchadien.
Un partenariat réaffirmé
À travers cet accord sur la première revue de la FEC, le FMI réaffirme son soutien au programme de réformes économiques et financières du Tchad, tout en appelant à la poursuite des efforts engagés. Pour les autorités tchadiennes, cette étape constitue un signal positif adressé aux partenaires techniques et financiers, ainsi qu’aux investisseurs, quant à la crédibilité et à la trajectoire du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit.
Eluard Ngarbé

