• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Moundou : l’esprit d’un défunt revient réclamer ses biens confisqués par sa belle-famille

Moundou : l’esprit d’un défunt revient réclamer ses biens confisqués par sa belle-famille

C’est précisément au quartier 15 Ans de Moundou que cette incroyable scène s’est déroulée vers la fin de la semaine dernière. Tout est parti du décès tragique d’un commerçant, probablement l’un des plus grands boutiquiers du quartier. Le défunt, âgé d’une cinquantaine d’années, était polygame.

Selon les témoignages des voisins, choqués par l’attitude de ses beaux-frères et surtout de sa deuxième épouse, « juste une semaine après la disparition du regretté, ses femmes se sont, sans regret, partagées ses biens matériels ». Et comme si cela ne suffisait pas, sa deuxième femme, avec qui il avait passé ses derniers jours, a vidé nuitamment sa boutique, emportant tous les articles dans sa propre famille. Ce qui aurait poussé l’esprit du défunt, certainement vexé par cette réaction, à rendre plusieurs visites nocturnes à sa belle-famille.

Selon certains de ses membres, il les aurait même fouettés avant de leur « demander de ramener de toute urgence ses marchandises et de les remettre à leur place ». Le défunt aurait accepté que ses biens soient partagés uniquement entre ses propres enfants. « Ils n’ont pas respecté ce qu’il leur a dit avant de mourir », nous confie l’un de ses proches voisins du quartier. Un tour devant sa maison nous a permis de nous rendre à l’évidence : la boutique du défunt, qui était fermée lorsqu’il était malade, est effectivement rouverte et les articles remis à leur place. Le poète sénégalais Birago Diop avait donc raison de dire : « Les morts ne sont pas morts ».

Cette histoire singulière rappelle que les dernières volontés ne meurent jamais avec ceux qui les portent. On peut déduire qu’en Afrique, il y a des faits qui ne s’expliquent pas.

Dingaorané Stéphane, Correspondant