• 6 mars 2026
  • N'Djamena

À Moundou, les bibliothèques se vident, mais la passion du livre résiste

À Moundou, les bibliothèques se vident, mais la passion du livre résiste

À Moundou, capitale économique du Tchad, un paradoxe inquiétant se dessine : alors que l’importance de la lecture pour l’avenir des jeunes n’a jamais été aussi cruciale, le livre peine à séduire. La fréquentation des bibliothèques devient une source de préoccupation majeure. Faute de lecteurs, plusieurs établissements ont dû fermer leurs portes.

Le constat général révèle un taux de fréquentation particulièrement faible. Pourtant, quelques îlots de résistance et d’espoir subsistent. Au Centre d’Apprentissage de la Langue Française (CALF), installé au sein de la Maison de la Culture Maoundoé Naindouba, la situation semble plus encourageante. « Le taux de fréquentation est acceptable », confie Dionro Martin, responsable du centre, tout en reconnaissant qu’il reste encore un long chemin à parcourir pour redonner le goût de la lecture à la jeunesse Moundoulaise.

L’engagement de certains jeunes illustre cependant une lueur d’espoir. Dénénodji Tabitha Nédoumyo-ang, élève en classe de seconde, a choisi de consacrer ses vacances à la gestion de la bibliothèque du Centre des Jeunesses des Assemblées de Dieu, dans le quartier Dombao. « La lecture est un moyen efficace de développer ses capacités intellectuelles et d’ouvrir son esprit », témoigne-t-elle avec conviction.

Dans un monde où l’information circule à la vitesse de l’éclair, la lecture demeure plus que jamais un outil essentiel pour comprendre, analyser et explorer de nouveaux horizons. Les responsables des bibliothèques, tout comme ces jeunes passionnés, lancent un appel vibrant à la jeunesse de Moundou : poussez la porte des bibliothèques pour construire votre savoir et votre avenir. Le pouvoir des mots, affirment-ils, est à redécouvrir dans ce monde en perpétuelle mutation.

Dingaorané Stephane, Correspondant