• 3 novembre 2026
  • N'Djamena

N’Djamena : les coupures d’électricité persistantes relancent le débat sur l’anticipation des pénuries

N’Djamena : les coupures d’électricité persistantes relancent le débat sur l’anticipation des pénuries

À N’Djamena, les coupures d’électricité se prolongent depuis plusieurs semaines, affectant les ménages, les administrations, les commerces et plusieurs structures essentielles. Entre l’arrêt temporaire de la raffinerie de Djermaya pour maintenance et l’incendie survenu à la centrale thermique de Farcha, les capacités de production ont été mises à rude épreuve. Pourtant, au-delà de ces incidents, une question demeure : cette situation pouvait-elle être anticipée ?

Deux événements majeurs contribuent à expliquer les difficultés actuelles. Le premier concerne l’arrêt temporaire de la raffinerie de Djermaya, pour des travaux de maintenance. Cette installation constitue une source d’approvisionnement en carburant pour les centrales thermiques. Le second est l’incendie survenu le 26 juillet à la centrale de Farcha. Selon les informations disponibles, le sinistre a détruit un groupe électrogène, occasionnant une perte de capacité de production estimée à 21 mégawatts.

Toutefois, les difficultés liées à l’approvisionnement en carburant auraient pu faire l’objet de mesures préventives. Dès le mois de mai, le ministère du Pétrole aurait demandé à TCHADELEC de constituer des réserves suffisantes pour couvrir la période d’arrêt de la raffinerie. La possibilité d’importer du carburant depuis les pays voisins aurait également été évoquée. Plusieurs mois après, les délestages persistent. Aucune communication suffisamment précise n’a cependant permis de comprendre si les réserves recommandées ont été constituées, quelles dispositions ont effectivement été prises et pourquoi celles-ci n’ont pas permis de prévenir les difficultés actuelles.

À ces contraintes s’ajoute le cas de la centrale de Solnegaz. Construite et offerte pour renforcer les capacités nationales de production électrique, cette installation demeure, selon les informations disponibles, non opérationnelle en raison de difficultés d’approvisionnement en carburant. Une capacité supplémentaire qui reste ainsi indisponible au moment où la capitale connaît un déficit important de production.

Les conséquences sont particulièrement visibles dans la vie quotidienne. Les ménages doivent s’adapter à de longues heures sans électricité, tandis que les commerçants, les entreprises et les services publics subissent les perturbations liées à l’irrégularité de la desserte. Pour certaines activités économiques, ces interruptions