Après plusieurs jours de médiation conduite par le Délégué général du Gouvernement auprès de la province du Guéra, les communautés d’éleveurs et d’agriculteurs de Mangalmé ont signé, le vendredi 16 octobre 2026, un accord de paix et un pacte social. Une étape décisive pour apaiser les tensions nées du conflit meurtrier survenu le 10 octobre dans la sous-préfecture de Bitchotchi.
Le dialogue a finalement pris le dessus sur les tensions à Mangalmé. Six jours après l’affrontement meurtrier ayant opposé des éleveurs à des agriculteurs dans la sous-préfecture de Bitchotchi, département de Mangalmé, les deux communautés ont convenu de tourner la page de la violence en s’engageant officiellement en faveur de la paix et de la cohésion sociale.
À l’origine de cette avancée, une médiation menée par le Délégué général du Gouvernement auprès de la province du Guéra, le Contrôleur général de police Abdoulaye Ibrahim Siam. Alerté par la gravité de la situation, il s’est rendu sur le terrain, accompagné des forces de défense et de sécurité, afin d’évaluer les circonstances du conflit, d’apaiser les tensions et d’engager des consultations avec les différentes parties.
Durant plusieurs jours, les équipes mobilisées ont poursuivi leurs efforts dans des conditions difficiles, avec pour objectif de ramener le calme et de créer les conditions d’une réconciliation durable entre les communautés concernées.
L’aboutissement de cette médiation a été marqué, le vendredi 16 octobre à Mangalmé, par la signature d’un procès-verbal de réconciliation et d’un pacte social entre les deux communautés.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités administratives et politiques, notamment le Député Alhadj Tchoroma Adoum, le Conseiller à la Primature Mahamat Abdoulaye Yaya, le représentant du Président du Conseil provincial, Saleh Bachar Gadaya, ainsi que le Préfet du département de Mangalmé, Nour Kabass. Des responsables des forces de défense et de sécurité, des autorités traditionnelles, des dignitaires religieux et des représentants de la société civile ont également pris part à cette rencontre.
Une minute de silence a été observée en mémoire des victimes de ce conflit. Les différentes interventions ont ensuite salué les efforts déployés par les autorités administratives et les forces de défense et de sécurité pour contenir la crise et favoriser le rapprochement entre les parties.
Prenant la parole, le Délégué général du Gouvernement a déploré les conséquences humaines du conflit et rappelé que la paix et la cohésion sociale constituent des conditions essentielles au développement. Il a inscrit cet appel dans la vision du Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno.
Abdoulaye Ibrahim Siam a exhorté les populations à rejeter les discours de haine, à privilégier le dialogue et le pardon et à éviter tout comportement susceptible de compromettre la cohabitation pacifique entre éleveurs et agriculteurs.
Il a également appelé les forces vives du département à intensifier les actions de sensibilisation sur les valeurs du vivre-ensemble, tout en mettant en garde contre les dangers liés à la détention illégale d’armes à feu.
À l’endroit des jeunes, le responsable a insisté sur la nécessité d’utiliser les réseaux sociaux de manière responsable, en privilégiant la sensibilisation, la diffusion de messages de paix et la promotion des valeurs sociales, plutôt que la propagation de discours haineux et de fausses informations.
La cérémonie s’est achevée par la signature des documents de réconciliation, suivie d’une grande prière en faveur de la paix.
À travers cet accord, les deux communautés affichent leur volonté de prévenir de nouveaux affrontements, de renforcer le dialogue et de préserver la coexistence pacifique dans le département de Mangalmé.


