Longtemps considéré comme un simple arbuste, le moringa suscite un intérêt croissant dans les ménages du sud du Tchad. Ses feuilles, ses fruits, ses racines et son écorce sont utilisés à diverses fins, notamment dans les pratiques traditionnelles de santé. Dans le Logone Occidental, certains paysans s’intéressent également à sa culture et explorent de nouvelles possibilités de valorisation.
Pour Mordjimbaye Saint Valoir, ingénieur agronome et doctorant en santé et productions animales, la préservation de cette plante représente un enjeu important. « Les scientifiques l’appellent “l’arbre magique”, car il possède des propriétés hors normes sur les plans nutritionnel, thérapeutique et fonctionnel », explique-t-il. Il souligne également son intérêt dans un contexte marqué par les changements climatiques et appelle à le préserver pour les générations futures.

L’expert présente le moringa comme un « alicament », c’est-à-dire un aliment auquel sont attribués certains effets bénéfiques pour la santé. Il met notamment en avant sa composition nutritionnelle, sa teneur en vitamines, en minéraux et en protéines, ainsi que ses propriétés antioxydantes. Selon lui, sa consommation pourrait contribuer à divers aspects de la santé. Toutefois, les comparaisons nutritionnelles avancées doivent être interprétées en tenant compte des parties de la plante consommées, de leur préparation et des aliments utilisés comme référence.
Au-delà de ses usages alimentaires, le moringa présente également un potentiel économique pour les producteurs. Ses récoltes répétées permettent de disposer régulièrement de feuilles et d’autres matières premières destinées à la commercialisation. « C’est un élément clé de l’autonomie familiale », souligne Mordjimbaye Saint Valoir.
Sur les marchés, le litre d’huile de moringa se vendrait autour de 10 000 francs CFA, tandis qu’un coro de feuilles coûte entre 750 et 1 000 francs CFA, selon les prix rapportés. L’ingénieur agronome appelle enfin les populations à préserver cette plante et à mieux valoriser ses usages alimentaires. « Le moringa, c’est la vie, consommons-le », conclut-il.
Dingaorané Stephane, Correspondant

