• 10 octobre 2026
  • N'Djamena

Tchad : vers une meilleure prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux

Tchad : vers une meilleure prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre 2026, le Ministère de la Santé publique et de la Prévention réaffirme son engagement à renforcer la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux et à lutter contre leur stigmatisation. Dans une déclaration lue par la Secrétaire générale, Dr Nodjitoloum Toralta Joséphine, le Ministre a annoncé plusieurs mesures axées sur la décentralisation des soins, la participation des personnes concernées et le développement des services de soutien psychosocial.

Placée sous le thème « À l’écoute de l’expérience vécue : des voix authentiques pour un réel changement », cette édition met l’accent sur la participation des personnes ayant vécu des troubles psychiques à l’élaboration des politiques de santé mentale. « L’expérience vécue est une expertise indispensable », souligne la déclaration, qui appelle à mieux intégrer ces personnes dans les décisions relatives à leur prise en charge. Le Ministère défend ainsi une approche fondée sur la dignité, les droits humains et l’inclusion sociale.

Une situation préoccupante

Selon les données avancées dans la déclaration ministérielle, environ 14 % de la population tchadienne souffrait de troubles mentaux en 2023. Plus de quatre millions de personnes auraient besoin d’un soutien psychosocial. Le document évoque également les conséquences des déplacements forcés et de l’afflux de réfugiés dans les provinces de l’Est, notamment au Wadi Fira et dans l’Ennedi-Est, ainsi que dans le bassin du lac Tchad.

Les jeunes et les femmes figurent parmi les populations particulièrement exposées. La déclaration attire notamment l’attention sur la consommation précoce d’alcool et de drogues, présentée comme une menace pour la santé et l’avenir des jeunes. Face à ces difficultés, le ministère entend promouvoir un système de soins permettant aux personnes concernées de bénéficier d’un accompagnement au sein de leur communauté, tout en préservant leurs droits à l’éducation, à l’emploi et à la participation sociale.

Des mesures annoncées pour 2026

À travers le Programme national de santé mentale, le ministère annonce plusieurs engagements, notamment une participation accrue des personnes concernées à l’élaboration des politiques publiques, la cartographie des acteurs intervenant dans ce domaine et le déploiement de services de proximité.

Les mesures prévues comprennent également la mise en place d’équipes mobiles, des consultations de proximité et des groupes de parole dans les zones touchées par les crises humanitaires ainsi que dans les centres de santé primaires. Un atelier national de réflexion doit par ailleurs contribuer à l’élaboration d’un plan stratégique et préparer un futur dialogue national sur la santé mentale au Tchad. Le ministère prévoit également de renforcer les mécanismes d’orientation entre les communautés, les centres de santé et les services spécialisés.

Sensibilisation et lutte contre la stigmatisation

Dans le cadre de cette journée, plusieurs activités sont annoncées pour sensibiliser la population aux troubles psychiques, encourager l’expression des émotions et promouvoir la solidarité communautaire. Des groupes de parole et de soutien, des campagnes de communication mettant en avant des témoignages de rétablissement ainsi que des visites dans les structures de prise en charge figurent également parmi les actions prévues.

Le ministère prévoit enfin de renforcer le plaidoyer national et de diffuser des notes fondées sur les données disponibles et les besoins identifiés.