La rentrée académique 2026-2027 est officiellement ouverte au Tchad. À l’occasion d’une conférence de presse tenue ce 1er octobre 2026 à N’Djaména, le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, Dr Sitack Yombatina Béni a présenté l’état du système universitaire et de la formation professionnelle, les acquis enregistrés au cours des six derniers mois ainsi que les principaux défis de la nouvelle année académique.
Pour cette nouvelle année, le ministre place son action sous le signe de « DESIR », acronyme de Discipline, Excellence, Solidarité, Innovation et Recherche.
Plus de 140 000 étudiants dans les établissements d’enseignement supérieur
Le système tchadien de l’enseignement supérieur compte cette année 13 universités publiques, regroupant 102 055 étudiants et 1 724 enseignants. À cela s’ajoutent 75 établissements privés d’enseignement supérieur, dont 46 à N’Djaména et 29 en provinces. Ces établissements accueillent plus de 26 000 étudiants, parmi lesquels 10 754 filles.
Le dispositif comprend également six grandes écoles nationales supérieures publiques, avec 127 enseignants et 2 466 étudiants, quatre Écoles normales supérieures, qui comptent 257 enseignants et 7 742 étudiants, ainsi que sept instituts nationaux supérieurs, avec 253 enseignants et 5 302 étudiants.
Le pays dispose enfin de 23 centres de formation professionnelle, qui accueillent des milliers d’apprenants.
Au total, le Ministre estime à plus de 100 le nombre d’établissements publics et privés, pour plus de 2 600 enseignants et plus de 140 000 étudiants concernés par l’enseignement supérieur et les différentes structures de formation.
« La discipline doit être une voie royale vers la réussite »
Pour Dr Sitack Yombatina, cette rentrée ne doit pas être réduite à une simple reprise des cours. Elle doit marquer une nouvelle étape dans la transformation du système universitaire.
Le Ministre veut notamment faire de la discipline un élément central de la réussite académique.« La discipline, pilier fondamental du succès et de la réussite académique, doit être cette année non pas une contrainte, mais une voie royale vers la réussite, l’Excellence et l’ordre. » L’université, explique-t-il, doit également être un espace de formation à la citoyenneté, où étudiants, enseignants et personnels développent le sens de la responsabilité, du respect et de la rigueur.
Six mois de diagnostic et plusieurs chantiers engagés
Revenant sur ses six premiers mois à la tête du département, le ministre affirme avoir sillonné plusieurs régions du pays avec la secrétaire d’État afin d’échanger avec les différents acteurs du système éducatif.
Recteurs, présidents d’universités, doyens, chefs de départements, étudiants, syndicats, partenaires sociaux, techniques et financiers ont notamment été rencontrés.
Selon lui, ces consultations ont permis d’identifier les difficultés du secteur et de dégager plusieurs pistes d’action. Trois journées de réflexion consacrées à la redynamisation de l’enseignement et de la formation technique et professionnelle ont notamment été organisées à N’Djaména.
Une réunion du Directoire de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique s’est également tenue en septembre.
Le Ministre cite aussi le renouvellement de plusieurs partenariats scientifiques et techniques avec l’Algérie, le Maroc, la Turquie, l’Égypte, la Hongrie, la France et la Chine, ainsi que des coopérations annoncées avec la Libye.
Bourses, recherche et innovation parmi les acquis présentés
Dans le domaine de la formation et de la recherche, Dr Sitack Yombatina fait état de 273 bourses octroyées dans le cadre du PRODEST pour renforcer les capacités des enseignants-chercheurs.
Plus de 450 bourses ont également été accordées aux meilleurs bacheliers pour le Maroc, tandis que plus de 400 étudiants doivent prochainement rejoindre l’Algérie, selon les chiffres présentés lors de la conférence de presse.
Le Ministre a également évoqué la création du Fonds national d’innovation, ainsi que la mise en fonctionnement d’un laboratoire interdisciplinaire consacré notamment au numérique et à l’intelligence artificielle.
Sur le plan académique, il affirme que plus d’une centaine d’enseignants-chercheurs ont été promus aux grades universitaires du CAMES et du CSUE, dont 11 professeurs titulaires en une seule session.
Innovation, numérique et qualité : les priorités de 2026-2027
Pour la nouvelle année académique, plusieurs défis sont identifiés : l’innovation pédagogique, la solidarité et l’inclusion, l’ouverture internationale, la réussite des étudiants et la préservation de la normalité de l’année académique.
Le ministère entend également accélérer la transition numérique dans les universités, instituts, grandes écoles et administrations universitaires.
La qualité des formations figure aussi parmi les priorités, avec la poursuite de l’harmonisation des référentiels nationaux. Le Ministre annonce notamment l’ambition d’organiser des examens nationaux et de réduire les disparités entre établissements publics et privés.La mise en place d’une Agence nationale d’assurance qualité fait également partie des chantiers annoncés.
« L’éducation est l’affaire de tous »
Au-delà des réformes et des chiffres, le ministre a lancé un appel à la mobilisation de l’ensemble de la société.« L’éducation est l’affaire de tous », a-t-il insisté, appelant les parents, les citoyens, les enseignants, les étudiants et les différents partenaires à contribuer, chacun selon ses possibilités, à la redynamisation du système éducatif.
Pour Dr Sitack l’État ne peut pas, à lui seul, porter l’ensemble des défis auxquels l’école et l’université sont confrontées.« L’État seul ne peut tout faire. C’est une vision partagée de l’école, de l’université que je vous présente cette année. »
Il appelle ainsi à une mobilisation financière, matérielle, intellectuelle et citoyenne autour de l’enseignement technique, professionnel et universitaire.
Aux enseignants et aux étudiants, un appel à la responsabilité
Le Ministre s’adresse également directement aux différentes composantes de la communauté éducative.Aux enseignants, il demande de faire preuve de créativité et de produire davantage. « Osez expérimenter, osez inspirer. Osez produire et produire beaucoup », lance-t-il.
Aux étudiants, il recommande la curiosité, la persévérance, l’assiduité et surtout la discipline.
Le personnel administratif est, lui aussi, appelé à continuer à jouer son rôle dans le fonctionnement quotidien des établissements.« Nous avons besoin de votre créativité, de votre rigueur et de votre passion », insiste le ministre.
« Nous ne sommes pas simplement en train de faire une rentrée »Pour les nouveaux étudiants, le ministre veut faire de cette année une étape déterminante dans leur parcours.
Il les exhorte à être assidus aux cours, à se former intellectuellement, moralement et spirituellement et à considérer leur parcours universitaire comme une préparation aux responsabilités futures.
Au-delà des activités culturelles et sportives prévues au début de 2027, un mini-congrès scientifique doit être organisé à Sarh autour des valeurs académiques, universitaires, éthiques et citoyennes. L’objectif annoncé est de renforcer l’unité, la cohésion, la fraternité et la solidarité entre les étudiants.
Enfin, Dr Sitack Yombatina rappelle que la rentrée 2026-2027 ne doit pas être perçue comme un simple rendez-vous administratif.« Nous ne sommes pas simplement en train de faire une rentrée : nous lançons une nouvelle étape de notre mission éducative, avec la conviction que chaque jour compte, chaque geste compte, chaque personne compte. »
Avec plus de 140 000 étudiants, plus de 2 600 enseignants et plus d’une centaine d’établissements publics et privés, l’année académique 2026-2027 s’ouvre ainsi avec des défis importants. Pour le ministère, leur réussite reposera sur l’engagement de l’ensemble des acteurs : pouvoirs publics, établissements, enseignants, étudiants, parents, partenaires et citoyens.
Soliri charlotte

