Les violences conjugales sont souvent associées aux femmes victimes et presque tous les textes protègent celles-ci. Pourtant, au Tchad, certains hommes sont également confrontés à des violences au sein de leur couple. Un phénomène encore peu évoqué, mais qui pousse plusieurs victimes à vivre dans le silence, entre honte, pression sociale et peur du regard de leur entourage.
Insultes, humiliations, manque de respect, pressions financières ou encore violences physiques : certains hommes affirment subir différentes formes de maltraitance de la part de leurs épouses.
« Souvent, quand je rentre, elle décide de ne pas m’adresser la parole. Elle refuse de me servir à manger, sous prétexte que l’argent de la ration que j’ai laissé le matin est insuffisant. Quelques fois, elle exige des sommes d’argent supplémentaires alors que moi-même, je me débrouille pour trouver de quoi nous prendre en charge. Ma femme me traumatise », témoigne un homme victime de violences conjugales.
Comme lui, d’autres hommes disent vivre des situations similaires. Mais dans une société où l’homme est souvent considéré comme celui qui doit être fort et capable de gérer les difficultés de son foyer, reconnaître qu’il est victime de violences reste difficile. Beaucoup préfèrent donc se taire plutôt que d’en parler à leurs proches ou de chercher de l’aide.
Des cas qui interpellent
Certains faits récents viennent rappeler la gravité de cette situation. Un enfant de 8 ans est notamment décédé après avoir consommé du « Yombo », un produit qui, selon les éléments rapportés dans cette affaire, était destiné à son père après que celui-ci avait pris une deuxième épouse.
À Moundou, un autre cas a également suscité l’émoi. Dans la nuit du 11 septembre 2026, l’ingénieur Kagonbé a été victime de violences de la part de son épouse. Il a subi plusieurs blessures et ses diplômes ont été brûlés au cours des faits.
Ces affaires mettent en lumière une réalité qui reste difficile à quantifier : celle des hommes victimes de violences conjugales et qui, pour diverses raisons, ne portent pas toujours plainte ou ne sollicitent pas d’accompagnement.
Briser le silence
La violence au sein du couple ne devrait être justifiée ni par le sexe de la victime ni par celui de l’auteur. Si les violences faites aux femmes demeurent une préoccupation majeure, celles subies par les hommes méritent également d’être prises en compte.
Pour prévenir les conflits, le dialogue et la maîtrise de la colère restent essentiels dans la vie de couple. Mais lorsque les violences deviennent répétitives ou graves, le silence ne constitue pas une solution. Les victimes, hommes comme femmes, doivent pouvoir demander de l’aide auprès de leurs proches, des professionnels de l’accompagnement familial ou des services compétents.
La justice a également un rôle à jouer. Toute personne victime de violences conjugales doit pouvoir être entendue, protégée et accompagnée, sans distinction de sexe.
Briser le silence autour des violences faites aux hommes ne signifie pas minimiser celles subies par les femmes. Il s’agit plutôt de reconnaître que la violence conjugale peut toucher les deux sexes et que toute victime a droit à la protection et à la justice.
Soliri charlotte

