À Pala, chef-lieu de la province du Mayo-Kebbi Ouest, la circulation de nombreuses motos sans plaques d’immatriculation suscite des interrogations. Au-delà du manque à gagner pour les finances publiques, cette situation soulève également des préoccupations en matière de sécurité.

Il suffit d’observer la circulation sur les principales artères de la ville ou aux abords du terrain de football pour constater la présence de nombreux engins à deux roues dépourvus de plaques d’immatriculation. Certains usagers utilisent également des plaques dites « fantaisistes », fabriquées de manière artisanale et ne répondant pas aux normes en vigueur.
Plus préoccupant encore, certains éléments des forces de défense et de sécurité circuleraient eux aussi sur des motos non immatriculées ou portant des plaques de fortune mentionnant l’abréviation de leur corps d’appartenance et leur numéro matricule. Une pratique qui soulève des questions sur le respect des règles de circulation et l’exemplarité attendue des agents chargés de faire respecter la loi.
Au-delà de l’aspect réglementaire, cette situation représente un manque à gagner pour les caisses de l’État. L’absence d’immatriculation prive notamment les services compétents des recettes liées à l’établissement des plaques et à l’immatriculation des engins.
Pour Ngague Dominique, chef du service provincial des transports, le constat est partagé par les services concernés.« Nous avons fait le même constat. Nous nous sommes déjà rapprochés du secrétariat général de la province pour poser le problème. Le secrétaire général de la province m’a mis en contact avec les services de police et ceux de la douane afin que nous envisagions un contrôle mixte. Cette situation met tout le monde en danger », a-t-il indiqué.
La circulation de motos non identifiées pose également des questions sur le plan sécuritaire. En l’absence de plaque réglementaire, l’identification d’un engin et de son propriétaire peut s’avérer difficile, notamment en cas d’accident, d’infraction ou d’acte criminel.
Cette préoccupation est d’autant plus importante que Pala a, par le passé, été confrontée à des cas d’enlèvements contre rançon. Pour les autorités, l’identification des engins circulant dans la ville constitue donc un enjeu qui mérite une attention particulière.

Le Délégué provincial de la police, le commissaire principal de police Adam Zaga, rappelle que la réglementation est pourtant claire. « Le cadre légal, c’est le Code de la route, qui stipule que tout véhicule, toute remorque ou semi-remorque doit porter une plaque d’immatriculation. Le constat prouve qu’effectivement, il y a des engins qui circulent sans plaque d’immatriculation en ville. C’est un problème qui nécessite l’implication de toutes les forces intérieures », a-t-il déclaré.
Face à cette situation, les services provinciaux des transports et de la sécurité préconisent une action concertée. Un contrôle mixte impliquant notamment les services des transports, de la police et de la douane pourrait être envisagé afin d’identifier les engins non conformes et de régulariser leur situation.
La persistance de cette pratique interpelle ainsi sur l’efficacité des contrôles et sur le rôle des différents services de l’État chargés de veiller au respect de la réglementation à Pala.
Pour les autorités, l’enjeu est désormais de renforcer les contrôles, d’encourager l’immatriculation des motos et de mettre fin à l’utilisation des plaques non réglementaires, dans l’intérêt de la sécurité des usagers et de la mobilisation des recettes publiques.
Oumarou Abba

