Le Ministère de la Justice et des Droits humains a apporté des précisions sur la suspension provisoire de deux greffières en service au Tribunal de grande instance de N’Djamena, affirmant que cette mesure fait suite à une procédure disciplinaire engagée à leur encontre.
Dans un communiqué officiel, le Ministère indique que la procédure a été déclenchée après une dénonciation du supérieur hiérarchique des deux agentes auprès de la Ministre de la Justice, Garde des Sceaux. Des investigations ont ensuite été menées par l’Inspection générale des services judiciaires et pénitentiaires.
Selon le Ministère, les deux greffières, Me Aïcha Souleyman Ibrahim et Me Kidana Ganda Nadège, ont été invitées à présenter leur version des faits au cours de l’enquête. À l’issue des investigations, l’Inspection générale aurait relevé « des manquements aux devoirs de leurs charges » et recommandé leur suspension provisoire dans l’attente de la saisine de la Commission administrative et paritaire (CAP).
Le Ministère précise que l’arrêté n°92/PR/PM/MJDH/SE/SG/DGA/DRHF/2026 du 19 août 2026, portant suspension des deux greffières, constitue « une mesure conservatoire » prise sur le fondement de l’article 100 de la loi n°001/PCMT/2022 du 15 mars 2022 portant statut du personnel des greffes en République du Tchad. Les faits reprochés aux deux agentes comprennent notamment « l’usurpation de titre, l’emploi de personnes étrangères au service, la perte ou la dissimulation de dossiers, des difficultés relationnelles et des absences répétées », selon le communiqué.
Le Ministère de la Justice dément par ailleurs toute implication du Premier ministre, Allah-Maye Halina, dans cette procédure. Il affirme que, contrairement à certaines informations relayées par la presse locale, le chef du gouvernement est « totalement étranger à cette procédure disciplinaire interne audit ministère ».
La procédure disciplinaire se poursuit. Les deux greffières doivent prochainement comparaître devant la Commission administrative et paritaire, où elles pourront « faire valoir leurs moyens de défense », précise le Ministère.

