Le collectif des avocats de Dr Assyongar Masra Succès demande l’adoption d’une mesure d’amnistie en faveur de leur client, après la grâce présidentielle qui lui a été accordée. Lors d’un point de presse au siége des transformateurs,Me Jacqueline Moudeina, s’exprimant au nom du collectif de défense, a salué cette décision du Chef de l’État et appelé à poursuivre la dynamique d’apaisement et de réconciliation nationale.
« La grâce présidentielle ne constitue, à nos yeux, qu’une première étape », a déclaré Me Jacqueline Moudeina. Selon la défense, l’amnistie permettrait d’aller plus loin en effaçant, dans les conditions prévues par la loi, les conséquences pénales liées à la condamnation. Le collectif estime que cette mesure pourrait contribuer à renforcer le processus de réconciliation nationale. « Elle constituerait un acte supplémentaire de dépassement, de réconciliation et de rassemblement national », a soutenu l’avocate.
Une condamnation devenue définitive
La demande d’amnistie intervient après le rejet, par la Cour suprême, du pourvoi en cassation introduit par la défense contre la condamnation de Dr Assyongar Masra Succès. Le 9 août 2025, la première chambre criminelle l’avait condamné à 20 ans d’emprisonnement ferme pour « diffusion de messages à caractère raciste et xénophobe par le biais d’un système informatique » et « complicité de meurtre ». Il avait également été condamné, solidairement avec les autres accusés, au paiement d’un milliard de francs CFA de dommages-intérêts à l’État tchadien.
La défense avait formé un pourvoi en cassation, contestant notamment l’application de la loi pénale, l’insuffisance des motifs, la recevabilité de certaines preuves et la constitution de partie civile de l’État. Selon Me Jacqueline Moudeina, la Cour suprême a rejeté ce recours et confirmé la condamnation.
La défense salue la grâce présidentielle
Après l’épuisement des voies de recours judiciaires, le Président de la République a accordé, le 14 août 2026 la grâce présidentielle à Dr Assyongar Masra Succès. Le collectif de défense accueille cette décision « avec soulagement et gratitude », la qualifiant d’« acte important d’humanité et d’apaisement ».
Pour les avocats, cette mesure ouvre une possibilité de décrispation du climat social et politique. Ils souhaitent qu’elle soit suivie d’une réflexion plus large sur la réconciliation et le renforcement de l’unité nationale.

Retour sur la procédure judiciaire
Dr Assyongar Masra Succès, Président du parti Les Transformateurs avait été interpellé le 16 mai 2025 à son domicile, selon ses avocats. Une information judiciaire avait ensuite été ouverte en lien avec les événements survenus à Mandakao le 14 mai 2025. Le 15 juillet 2025, le juge d’instruction du 3ᵉ cabinet avait rendu une ordonnance portant notamment sur l’extinction de l’action publique à l’égard des détenus décédés en prison et demandant le renvoi de Dr Assyongar Masra Succès devant la juridiction criminelle. Le 30 juillet 2025, la chambre d’accusation de la Cour d’appel de N’Djamena avait rendu un arrêt de renvoi devant la première chambre criminelle.

