• 16 août 2026
  • N'Djamena

Pala : la chute du prix du maïs menace la production céréalière

Pala : la chute du prix du maïs menace la production céréalière

À Pala, dans la province du Mayo-Kebbi Ouest, l’effondrement du prix du maïs enregistré l’année dernière fait craindre une baisse significative de la production céréalière au cours de la campagne agricole 2025-2026.

Découragés par la forte baisse du prix du maïs sur les marchés locaux, de nombreux producteurs ont réorienté leurs activités vers des cultures jugées plus rentables, notamment le coton et l’arachide. Un choix qui peut se justifier sur le plan économique à court terme, mais qui pourrait, à moyen terme, fragiliser la sécurité alimentaire dans la région.

Sur les vastes plaines de Mayo-Dallah, le paysage agricole connaît ainsi une transformation notable. Les superficies autrefois consacrées à la culture du maïs ont considérablement diminué cette saison.

À l’origine de cette réorientation : la chute brutale des revenus tirés de la vente du maïs. L’année dernière, la baisse du prix du sac sur les marchés locaux a fortement réduit les recettes des producteurs, au point de compromettre leur capacité à couvrir leurs charges et à financer la campagne suivante.

Face à cette situation, de nombreux agriculteurs ont été contraints de revoir leurs prévisions financières et de réduire certains investissements. Incapables de maintenir une activité devenue peu rentable, ils se sont progressivement tournés vers des spéculations offrant de meilleures perspectives de revenus.

Le coton, soutenu par un prix d’achat garanti, et l’arachide, portée par une demande importante sur les marchés régionaux, apparaissent désormais comme des alternatives privilégiées pour cette campagne agricole 2025-2026.

Si cette réorientation constitue, pour les agriculteurs, une stratégie de survie économique légitime, elle pourrait toutefois avoir des conséquences au-delà des exploitations individuelles. Une diminution importante des superficies consacrées au maïs risque en effet de réduire l’offre céréalière locale et d’accentuer la pression sur les prix alimentaires.

À l’approche des prochaines périodes de soudure, le risque d’un déficit céréalier dans cette partie du pays ne doit donc pas être sous-estimé. Une baisse de la production pourrait se traduire par une hausse des prix, une augmentation de la vulnérabilité des ménages et, dans les cas les plus critiques, des difficultés nutritionnelles.

Pour prévenir une éventuelle pénurie, les autorités sont appelées à anticiper dès maintenant la situation, notamment en renforçant les mécanismes de soutien aux producteurs, en améliorant la commercialisation du maïs et en garantissant des conditions de rémunération suffisamment attractives pour maintenir l’intérêt des agriculteurs pour cette culture stratégique.

L’enjeu est désormais de trouver un équilibre entre la rentabilité des exploitations agricoles et la nécessité de préserver la sécurité alimentaire de toute la région.