• 2 juillet 2026
  • N'Djamena

N’Djamena : le prix du sable et du remblai augmente avec l’arrivée de la saison des pluies

N’Djamena : le prix du sable et du remblai augmente avec l’arrivée de la saison des pluies

À l’approche de la saison des pluies, les prix du sable et du remblai connaissent une forte hausse à N’Djamena. Essentiels aux travaux de construction et à la protection des habitations contre les inondations, ces matériaux deviennent de plus en plus coûteux pour les ménages.

En quelques semaines, le prix d’un camion-benne de six roues transportant du remblai est passé de 35 000 FCFA à 45 000, voire 50 000 FCFA. Quant au camion de dix roues chargé de sable, son prix atteint désormais 80 000 FCFA, contre 60 000 FCFA auparavant.

Les transporteurs expliquent cette augmentation par les difficultés d’accès aux sites d’extraction pendant la saison des pluies. « Le prix du remblai est moins élevé que celui du sable. Le sable est extrait mécaniquement à l’aide de pirogues avant d’être chargé manuellement dans les bennes. À cela s’ajoutent les taxes prélevées par la mairie et les services des Mines, ainsi que la hausse du coût du gasoil et les charges liées à la main-d’œuvre », explique Nousradine Ismaël Abdelkerim, délégué des transporteurs de bennes.

Pourtant, le prix officiel du litre de gasoil reste fixé à 800 FCFA. En amont de la filière, les extracteurs de sable sont eux aussi confrontés à des conditions de travail de plus en plus difficiles. Avec la montée des eaux du fleuve, les zones d’extraction deviennent moins accessibles et les opérations plus longues et plus risquées. « Lorsque la distance est courte, nous pouvons réduire le prix. Mais lorsqu’il faut aller plus loin, les coûts augmentent afin de rémunérer ceux qui plongent sous l’eau. Les risques sont nombreux : serpents, hippopotames et autres dangers », explique Djimian Zachée, secrétaire général des extracteurs de sable.

L’extraction du sable demeure entièrement manuelle. Les ouvriers plongent au fond du fleuve pour récupérer le sable, qui est ensuite remonté dans des pirogues, déchargé sur la rive puis chargé à la main dans les camions-bennes. Chaque chargement nécessite plusieurs heures de travail dans des conditions éprouvantes. Les extracteurs sont exposés aux risques de noyade, aux maladies liées au milieu aquatique ainsi qu’aux attaques d’animaux présents dans le fleuve. « Lorsqu’une benne est remplie, elle rapporte entre 12 000 et 14 000 FCFA aux extracteurs. Ceux qui chargent la benne perçoivent 5 000 FCFA, les frais de carrière représentent également 5 000 FCFA. Au final, il nous reste seulement entre 3 000 et 4 000 FCFA », précise Djimian Zachée.

Les transporteurs évoquent également les difficultés de circulation pendant l’hivernage. « En saison sèche, les déplacements sont faciles. Mais pendant les pluies, les routes deviennent boueuses, les véhicules s’embourbent fréquemment et les pannes se multiplient. Ces contraintes expliquent l’augmentation des tarifs », souligne un transporteur. Cette hausse des prix intervient au moment où la demande en sable et en remblai augmente fortement, les ménages cherchant à poursuivre leurs chantiers ou à protéger leurs habitations contre les risques d’inondation.

Golbika Monique