Les premières pluies sont tombées sur la ville de Moundou, apportant avec elles une fraîcheur attendue. Mais derrière ce soulagement se cachent des menaces sanitaires bien réelles. Dans plusieurs quartiers de la ville, les eaux stagnantes s’accumulent autour des habitations, les caniveaux débordent et certains axes urbains deviennent impraticables après chaque averse. Un tableau familier qui inquiète les professionnels de santé.

« Nous entrons dans un cycle que l’on connaît bien », alerte le Dr Djimadoum Dionadji, médecin-chef du district sanitaire de Moundou. Pour ce praticien, la saison des pluies en zone tropicale crée des conditions favorables à la recrudescence de plusieurs pathologies. « L’humidité liée aux inondations, la prolifération des moustiques due aux eaux stagnantes et les canaux de drainage bouchés : tous ces éléments combinés contaminent l’eau que nous consommons et favorisent l’apparition des maladies », explique-t-il.
Le tableau clinique redouté est vaste : paludisme, diarrhée, choléra, fièvre typhoïde, dysenterie, pneumonie, bronchite, hépatite A et maladies cutanées, telles que la gale. Autant d’affections dont la propagation suit, chaque année, le rythme des précipitations dans cette ville traversée par le Logone et particulièrement exposée aux inondations.
Face à ce risque récurrent, le médecin-chef insiste sur des gestes préventifs accessibles à tous. « Il faut sécuriser l’eau que l’on consomme. Si l’eau potable n’est pas disponible, il faut la faire bouillir ou la traiter avec de l’eau de Javel. Il est également important de se laver régulièrement les mains, de nettoyer les alentours de sa concession, de couper les ongles, de dormir sous une moustiquaire et d’éliminer les eaux stagnantes », énumère-t-il, avant d’ajouter : « Il ne faut pas non plus tout attendre de la Mairie. »
À Moundou, où les pluies s’étaleront encore plusieurs semaines, la lutte contre les maladies hydriques demeure une responsabilité partagée entre les autorités sanitaires et les populations.

