• 20 juin 2026
  • N'Djamena

N’Djamena : malgré les dépotoirs, l’insalubrité persiste dans plusieurs quartiers

N’Djamena : malgré les dépotoirs, l’insalubrité persiste dans plusieurs quartiers

Les déchets continuent d’envahir les rues et les caniveaux de N’Djamena, malgré l’installation de dépotoirs dans plusieurs quartiers de la capitale et les efforts déployés par les communes pour améliorer la gestion des déchets ménagers. Cette situation d’insalubrité persistante met en évidence des comportements citoyens peu favorables à la préservation du cadre de vie. À cela s’ajoute, selon certains habitants, une répartition inégale des dépotoirs, davantage concentrés le long des grands axes que dans les quartiers résidentiels ou périphériques.

À N’Djamena, la lutte contre l’insalubrité urbaine reste un défi majeur. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les dépotoirs installés par les services communaux sont bien visibles. Pourtant, leur présence ne semble pas suffire à modifier durablement les habitudes de certains habitants.

À quelques mètres seulement de ces infrastructures, parfois presque vides, des amas de déchets ménagers s’accumulent le long des routes, dans les ruelles ou encore dans les caniveaux. Le contraste est frappant : alors que des espaces sont prévus pour recevoir les ordures, celles-ci se retrouvent fréquemment dispersées dans l’environnement immédiat. Sur le terrain, les témoignages convergent. « Le dépotoir est là, mais beaucoup de personnes préfèrent jeter leurs déchets ailleurs », déplore un habitant rencontré dans un quartier de la ville. Bouteilles en plastique, canettes, emballages de boissons et sachets usagés figurent parmi les déchets les plus visibles dans les espaces publics.

Si certains citoyens respectent les consignes en utilisant les points de collecte mis à leur disposition, ces comportements demeurent insuffisants pour enrayer le phénomène. Les déchets abandonnés dans la nature contribuent à la dégradation du paysage urbain et obstruent régulièrement les caniveaux, aggravant ainsi les risques d’inondation pendant la saison des pluies.
Au-delà des questions liées au civisme, plusieurs habitants soulignent également un problème d’accessibilité. Selon eux, les dépotoirs sont davantage concentrés le long des grands axes routiers, tandis que certains quartiers résidentiels ou périphériques restent insuffisamment couverts.« Nous n’avons pas de dépotoir à proximité. Pour déposer nos déchets, il faut parcourir une certaine distance », explique un riverain. Cette situation pousse parfois certains ménages à se débarrasser de leurs ordures dans des espaces non aménagés. Les services communaux rappellent toutefois que les déchets déposés dans les points de collecte font régulièrement l’objet d’opérations d’enlèvement et d’évacuation. Le système de collecte fonctionne lorsque les infrastructures sont utilisées conformément à leur vocation.

Pour de nombreux observateurs, le problème résulte donc d’une combinaison de facteurs : insuffisance de certains équipements dans plusieurs quartiers, manque de sensibilisation des populations et persistance d’habitudes peu respectueuses de l’environnement.

La sensibilisation apparaît ainsi comme l’un des leviers essentiels pour améliorer durablement la situation. Plusieurs acteurs locaux estiment que la mise en place d’infrastructures doit nécessairement s’accompagner d’actions éducatives visant à renforcer la responsabilité citoyenne en matière de gestion des déchets. De leur côté, les autorités communales poursuivent leurs efforts à travers l’installation progressive de nouveaux points de collecte et l’organisation d’opérations ponctuelles d’assainissement. Toutefois, les résultats restent limités tant que les comportements individuels n’évoluent pas et que l’accès aux infrastructures demeure inégal selon les quartiers.

Les conséquences de cette situation sont visibles au quotidien : rues encombrées, déchets dispersés, caniveaux obstrués et cadre de vie dégradé. À ces désagréments s’ajoutent des risques sanitaires importants, particulièrement en période de fortes chaleurs ou de pluies.

Au final, l’amélioration de la propreté urbaine à N’Djamena ne dépend pas uniquement de la multiplication des infrastructures de collecte. Elle repose également sur une meilleure répartition des dépotoirs, un renforcement des actions de sensibilisation et une implication accrue des citoyens. Un défi collectif dont l’issue conditionne la qualité du cadre de vie dans la capitale.

Yohane Djimet Djibrine