Dans les champs de Belaba situé dans le 5e arrondissement municipal de Moundou, les sillons de patates douces racontent une histoire de résilience. Des jeunes ont choisi de transformer la terre en source de revenus, refusant de subir la précarité. Sur plusieurs parcelles, ils cultivent des variétés précoces dont la récolte intervient en moins de trois mois. Une activité qui contribue à nourrir de nombreuses familles et à financer la prochaine rentrée scolaire.
Mbaihoremem Ferdinand, 19 ans, tout juste sorti des épreuves du Brevet d’Etude Fondamental session 2026, incarne cette détermination. Orphelin de père, il a appris le métier en observant ses parents. Il témoigne : « J’ai appris ce métier grâce à mon père. C’est avec les revenus qu’il en tirait qu’il a pu m’inscrire à l’école jusqu’au CE1, avant son décès ». Et de poursuivre : « Après sa disparition, certains membres de la famille ne voulaient plus financer ma scolarité. Malgré ces difficultés, j’ai persévéré et je suis aujourd’hui en classe de troisième. C’est aussi grâce à mes économies que je loue ces parcelles ».

À quelques mètres de là, Djékourboua Emmanuel surveille ses cultures. Père de famille, il exerce cette activité depuis dix-sept ans et en tire les ressources nécessaires pour subvenir aux besoins de son foyer. Il explique : « En général, nous commençons les travaux au mois de mars. Comme cette période correspond à la saison sèche, nous privilégions les cultures sur des sillons irrigués afin d’assurer une bonne production. » Avant d’ajouter : « Les revenus que nous tirons de cette activité nous permettent de prendre soin de nos enfants, de les nourrir convenablement et de financer leur scolarité ».
Mais ces producteurs font face à des obstacles. Donang Victor interpelle les autorités : « Nos principales difficultés concernent l’accès aux engrais et aux équipements agricoles modernes, notamment les motopompes ». Il lance un appel : « Nous lançons un appel aux personnes de bonne volonté afin qu’elles nous accompagnent dans le développement de nos activités ».
À Belaba, chaque récolte devient ainsi le symbole d’une jeunesse résiliente qui construit son avenir tout en contribuant à la sécurité alimentaire de sa communauté.
Dingaorané Stephane, Correspondant

