Dans la province du Logone Oriental, la campagne agricole est fortement perturbée par le retard des pluies. À Koutoukouman, dans la sous-préfecture de Baïkoro, les agriculteurs observent avec inquiétude un ciel chargé de nuages, mais toujours sans précipitations. Cette situation compromet les semis d’arachides, habituellement réalisés dès le mois de mai.
Dans son champ, le producteur Ramadan Valentin témoigne des difficultés rencontrées :« Nous avions déjà procédé au défrichage des champs, mais en raison du retard des pluies, les herbes ont repoussé, nous obligeant à reprendre les mêmes travaux. Habituellement, les semis d’arachides débutent dès le mois de mai. Cette année, la situation est tout autre ».
Face à cette incertitude climatique, certains agriculteurs adaptent leurs stratégies. Ramadan Valentin explique envisager une diversification des cultures : « Nous pensons associer le mil au sésame afin de limiter les risques de pertes. La situation est préoccupante et nous espérons bénéficier de semences améliorées adaptées aux conditions actuelles ».
À Bélégué, localité voisine, le constat est similaire. Ndoubayo Gabriel, qui avait déjà procédé aux premiers semis de mil, fait face à des pertes importantes :« L’insuffisance des précipitations compromet aujourd’hui la survie des jeunes pousses, dont une grande partie est en train de se dessécher. Je n’ai d’autre choix que de recommencer les semis dès le retour des pluies ».
Cette situation engendre également des difficultés économiques pour les ménages ruraux. Ndoubayo Gabriel souligne les sacrifices nécessaires pour poursuivre la campagne agricole : « Pour acquérir de nouvelles semences, nous sommes contraints de vendre des chèvres ou d’autres réserves alimentaires. Cela porte un sérieux coup à l’économie des ménages, en particulier à ceux qui ne disposent pas de bœufs d’attelage. Nous restons suspendus aux caprices de la météo, dans l’attente de pluies suffisantes ».
Du côté des structures d’appui agricole, des recommandations sont formulées pour limiter les pertes. À Moundou, Mbairé Naguingar Wanda, chef d’antenne de l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural (ANADER), invite les producteurs à adopter des mesures d’adaptation : « Semez en priorité des variétés précoces et concentrez vos efforts sur les parcelles essentielles ». Il recommande également « l’utilisation de techniques simples de conservation de l’eau, l’économie des ressources et la diversification des activités agricoles ».
Au-delà des exploitations agricoles, ce déficit pluviométrique fait peser une menace sur la sécurité alimentaire de la région, suscitant des inquiétudes quant à l’évolution de la campagne agricole dans les mois à venir.
Dingaorané Stephane, Correspondant

