• 10 mai 2026
  • N'Djamena

Moundou : crise ouverte entre conseillers municipaux et exécutif sur la gestion des finances

Moundou : crise ouverte entre conseillers municipaux et exécutif sur la gestion des finances

Les conseillers municipaux de Moundou ont tenu, le vendredi 8 mai, un point de presse au sein de la Mairie afin de réagir aux accusations formulées le 5 mai par le Maire Adjoint, Dionkeye Hubert. Ce dernier avait publiquement dénoncé une gestion chaotique des recettes communales, notamment celles issues du contrat d’affermage du sésame. Selon lui, 93 710 861 FCFA auraient été détournés entre janvier et avril 2026, sans compter 21 995 600 FCFA de cotisations non reversées à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS).

Réunis en urgence, les conseillers municipaux estiment que la responsabilité ne peut être imputée au seul trésorier provincial. Ils rappellent avoir déjà tiré la sonnette d’alarme en avril 2026, sans réponse de l’exécutif communal. Ils évoquent également un audit social et financier commandité en octobre 2025, dont les recommandations seraient restées sans suite, ainsi que des irrégularités présumées dans l’acquisition récente de machines de travaux publics.

Contacté, le Trésorier général provincial, Goukouni Sani, a botté en touche : « Je ne sais rien de ce qui se passe. C’est le maire titulaire qui est l’ordonnateur. Si vous voulez des informations, allez vers lui. »

Trésorier général provincial, Goukouni Sani

De son côté, le Maire Djekaoussem Elon Bondo conteste les chiffres avancés. Il rappelle que le trésorier est cosignataire des dépenses, tout en qualifiant les allégations des conseillers de « totalement fausses ». Il précise que les recettes issues de l’affermage du sésame, évaluées à 93 710 861 FCFA, ne constituent pas l’unique source de financement de la masse salariale : « Il y a une variation dans l’état des paiements parce qu’on prend également en charge des manœuvres et des balayeuses », explique-t-il.

Selon lui, seuls trois mois de recettes d’affermage ont été effectivement versés, ce qui rendrait impossible un écart aussi important. Il souligne également que la mairie a hérité de plus de 600 millions de FCFA de dettes envers la CNPS, mais affirme que les cotisations sont désormais versées régulièrement.

Le Maire promet une déclaration publique dans les prochains jours afin de clarifier la situation. Toutefois, le Conseil municipal ne lui a accordé qu’un délai de trois jours, à compter du 8 mai, pour faire toute la lumière sur cette affaire qui continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive.

Dingaorané Stephane, Correspondant