• 5 mai 2026
  • N'Djamena

Technique: À Mbalkabra, un inventeur autodidacte ambitionne de transformer l’agriculture tchadienne

Technique: À Mbalkabra, un inventeur autodidacte ambitionne de transformer l’agriculture tchadienne

Dans le canton de Mbalkabra, localité située à une trentaine de kilomètres de Moundou, un atelier discret abrite une innovation prometteuse pour le monde rural. Gourodjé Raimond, né en 1974 à Moundou, s’y distingue comme un inventeur autodidacte spécialisé dans la conception de machines agricoles adaptées aux réalités locales.

Dans cet espace modeste, l’artisan conçoit et assemble lui-même une variété d’équipements, notamment des batteuses, des décortiqueuses, ainsi que des tricycles et motos. Sa dernière réalisation, une machine multifonction capable de décortiquer le mil, les arachides, le pénicillaire et le maïs, tout en produisant de la pâte d’arachide, suscite un intérêt croissant auprès des agriculteurs.

« Avant de fabriquer ces machines, j’ai d’abord été à Pala, Kélo, Déli et Laï pour observer les anciens modèles. Ensuite, j’ai conçu mon propre prototype. Je suis le premier à fabriquer des décortiqueuses de mil et d’arachides au Tchad », explique-t-il.

Une réussite fondée sur l’observation et l’expérimentation, mais dont la rentabilité demeure fragile. L’inventeur souligne l’importance des investissements nécessaires : « Je dépense généralement beaucoup d’argent pour un bénéfice estimé entre 300 000 et 400 000 FCFA. Une machine est vendue entre 1 200 000 et 1 500 000 FCFA, et je peux en produire jusqu’à 20 par an. »

Les contraintes restent toutefois nombreuses, notamment en raison du coût élevé des matériaux, souvent importés du Nigeria, et d’une demande encore irrégulière. « Les difficultés sont énormes, surtout en ce qui concerne les matériels de travail », confie-t-il.

Malgré ces défis, Gourodjé Raimond affiche une vision ambitieuse. Il appelle à un soutien accru des pouvoirs publics : « Avec ma machine, les cultivateurs peuvent réaliser en une seule journée un travail qui prenait auparavant un à deux mois », affirme-t-il, évoquant également une possible réduction des conflits entre éleveurs et agriculteurs.

À terme, l’inventeur ambitionne de former des jeunes aux métiers de la mécanique agricole et de contribuer à l’émergence d’une motoculture «made in Chad», adaptée aux besoins et aux réalités du pays.

DINGAORANE STEPHANE, Correspondant MRTV

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