L’hôpital provincial de Mongo traverse une période critique en cette saison caniculaire. Entre les coupures d’électricité à répétition et des températures suffocantes dans les salles d’hospitalisation, les conditions de prise en charge des patients suscitent une vive inquiétude.
Dans les services, la chaleur est devenue un facteur aggravant pour les malades. Faute d’alimentation électrique régulière, les dispositifs de ventilation sont souvent à l’arrêt, plongeant les patients dans un inconfort extrême.« Nous souffrons doublement : de la maladie et de la chaleur », confie un patient rencontré sur place.
Le Surveillant de l’établissement, Seid Moussa, reconnaît les difficultés auxquelles fait face la structure sanitaire. Il évoque notamment les délestages fréquents et l’insuffisance d’équipements adaptés pour affronter les fortes chaleurs, deux facteurs qui impactent directement la qualité des soins et le bien-être des patients.
À ces contraintes s’ajoutent des dysfonctionnements internes. Plusieurs témoignages font état d’un manque d’implication de certains gardes-malades, pourtant chargés d’assister les patients au quotidien. Dans certains cas, des malades se retrouvent sans accompagnement, accentuant leur vulnérabilité.
Par ailleurs, le non-respect des horaires de visite constitue une autre source de désorganisation. Les allées et venues incessantes de visiteurs perturbent le repos des patients et compliquent le travail du personnel soignant. Malgré les rappels à l’ordre, cette indiscipline persiste et nuit au bon fonctionnement de l’établissement.
Face à cette situation, de nombreux patients expriment leur ras-le-bol. Ils dénoncent des conditions de séjour qu’ils jugent indignes et appellent les autorités sanitaires à prendre des mesures urgentes pour améliorer leur prise en charge. Parmi les revendications figurent : une meilleure gestion des flux de visiteurs, un encadrement plus strict des gardes-malades et des solutions concrètes pour atténuer les effets de la chaleur.
Au-delà de l’urgence, cette crise met en lumière la nécessité de renforcer les infrastructures hospitalières et de sensibiliser davantage au respect des règles de conduite en milieu hospitalier. Un enjeu majeur pour garantir des soins dignes et sécurisés aux populations du Guéra.
Bechir Badjoury Abbanou, Correspondant

