La guerre au Soudan continue d’entraîner un afflux massif de réfugiés et de rapatriés vers l’Est du Tchad, aggravant une crise humanitaire déjà préoccupante. Au 23 mars 2026, plus de 916 838 personnes ont trouvé refuge dans le pays, portant le nombre total de déplacés à près de 2,2 millions, dont 87 % sont des femmes et des enfants. Dans un communiqué de presse, l’UNFPA tire la sonnette d’alarme et appelle à l’aide.

Cette pression croissante met à rude épreuve un système de santé déjà fragile. Le Tchad enregistre l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde, avec 860 décès pour 100 000 naissances vivantes. Parmi les populations déplacées, 68 880 femmes enceintes ont été recensées, avec plus de 91 840 naissances attendues au cours des douze prochains mois. En l’absence de soins obstétricaux de qualité, la vie de nombreuses mères et de leurs nouveau-nés est gravement menacée.
Dans ce contexte, les besoins en protection des femmes et des filles deviennent de plus en plus urgents. Nombre d’entre elles, fuyant les violences au Soudan, ont déjà été victimes d’abus et d’agressions sexuelles. Au Tchad, les violences basées sur le genre connaissent une recrudescence, notamment les exploitations sexuelles et les mariages précoces, souvent utilisés comme mécanismes d’adaptation face à la crise.
Pour répondre à ces défis, l’UNFPA a mis en place des espaces sûrs et des services intégrés de santé et de protection. Cependant, les contraintes budgétaires ont conduit à la fermeture de 16 espaces en 2025, réduisant considérablement l’accès des survivantes à une prise en charge adéquate. Face à l’urgence, l’organisation intensifie ses interventions en déployant des sages-femmes, des travailleurs sociaux spécialisés, ainsi que des cliniques mobiles et temporaires pour assurer des soins essentiels dans les zones les plus touchées.
« L’accouchement n’attend pas la fin des conflits, ni l’arrivée des financements. Il est impératif d’agir immédiatement pour éviter une catastrophe humanitaire », a déclaré Mme Yewande Odia, représentante résidente de l’UNFPA au Tchad, appelant les partenaires à combler rapidement le déficit de financement.
L’organisation lance ainsi un appel urgent de 18,7 millions de dollars pour maintenir ses opérations dans les provinces de l’Ennedi Est, du Wadi Fira, du Ouaddaï et du Sila. En 2025, seuls 11 % des fonds nécessaires ont été mobilisés. Sans un soutien accru de la communauté internationale, la santé, la sécurité et la dignité de millions de femmes et de filles resteront gravement compromises.



