• 10 mai 2026
  • N'Djamena

Mongo : entre rareté et coût élevé, l’eau devient un luxe pour les ménages

Mongo : entre rareté et coût élevé, l’eau devient un luxe pour les ménages

À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’eau, ce 22 mars, un constat préoccupant s’impose dans la ville de Mongo, chef-lieu de la province du Guéra, ainsi que dans ses localités environnantes : l’accès à l’eau potable demeure un défi majeur pour les populations.

Depuis plusieurs années, les habitants de Mongo font face à d’énormes difficultés d’approvisionnement en eau. Ce liquide vital, indispensable à la vie, tend progressivement à devenir un luxe pour de nombreux ménages. Dans plusieurs quartiers, les plaintes se multiplient face à la rareté et au coût élevé de l’eau.

Sur le terrain, la réalité est frappante. Aux différents points d’eau de la ville, notamment au niveau des mini-châteaux d’eau installés çà et là, des pousse-pousse et d’autres moyens de transport s’alignent pour s’approvisionner. À la source, un bidon d’eau est rempli à 25 francs CFA, mais son prix peut tripler une fois acheminé dans les quartiers, atteignant jusqu’à 75 francs CFA. Une situation qui pèse lourdement sur les ménages, en particulier sur les femmes, principales gestionnaires de l’eau au sein des foyers.

L’absence d’un système efficace de distribution d’eau potable aggrave davantage la situation. Malgré la présence d’un château d’eau construit depuis plusieurs années, celui-ci reste non fonctionnel. En conséquence, la ville dépend en grande partie de points d’eau privés, qui ne suffisent pas à répondre aux besoins croissants de la population.

Nous souffrons énormément pour trouver de l’eau...

Les femmes de la ville de Mongo à la recherche d’eau potable

Dans les zones rurales de la province du Guéra, la situation est encore plus alarmante. Les populations, notamment les femmes, parcourent plusieurs kilomètres à pied, sous un soleil accablant, pour accéder à l’eau. Une corvée quotidienne éprouvante, qui s’accompagne souvent de risques sanitaires liés à la mauvaise qualité de l’eau puisée. « Nous souffrons énormément pour trouver de l’eau. Parfois, nous marchons de longues distances pour une eau qui n’est même pas propre », témoigne un habitant d’un village environnant. Comme lui, de nombreux autres lancent un appel pressant aux autorités et aux organisations non gouvernementales afin d’améliorer leurs conditions de vie.

Face à cette situation critique, l’eau, source de vie, devient une ressource rare, impactant directement la santé, l’hygiène et la survie des populations de Mongo et de ses environs. En cette Journée mondiale de l’eau, les habitants espèrent que leurs cris d’alarme seront entendus et que des solutions durables seront mises en place afin de garantir un accès équitable à cette ressource essentielle.

Béchir Badjoury Abbanou, Correspondant