• 13 mars 2026
  • N'Djamena

Moundou : la faible production de mangues inquiète les habitants et menace les revenus des ménages

Moundou : la faible production de mangues inquiète les habitants et menace les revenus des ménages

Dans les concessions et les vergers de Koutou, principal bassin d’approvisionnement de la ville de Moundou, les manguiers offrent cette année un spectacle inhabituel. À la place des branches habituellement chargées de fruits à cette période, on ne voit que des feuilles. Une situation préoccupante pour les habitants de cette localité située à quelques kilomètres de la capitale économique du Tchad.

Dans cette zone, la mangue est bien plus qu’un simple fruit de saison, puisqu’ elle constitue à la fois une source d’alimentation et un revenu important pour de nombreux ménages. Chaque année, la récolte alimente les marchés locaux et contribue à l’économie familiale. Mais cette saison, les étals sont clairsemés et l’inquiétude grandit. « Nous, mères de famille, n’avons que des yeux pour pleurer. Les manguiers étaient nos greniers, mais cette année il est très difficile même de trouver à manger », confie Madjihyamnda Céline, ménagère à Koutou. Comme beaucoup d’habitants, elle s’interroge sur les mois à venir.

Même préoccupation chez les autorités traditionnelles. Le Chef de canton de Koutou, Mbailelem Gaston, redoute des conséquences économiques importantes. « Un père de famille qui n’a que deux ou trois sacs de mil et qui commence à les consommer dès février, je ne sais pas ce qu’il fera pendant la saison des pluies », explique-t-il.

Pour les spécialistes, plusieurs facteurs expliquent cette baisse de production. L’ingénieur agronome Romas Koyomtan évoque notamment le déficit de pluies, la chaleur et les vents qui font tomber les fleurs. S’y ajoutent des maladies, comme les mouches des fruits ou les cochenilles, ainsi que le vieillissement de nombreux manguiers. « Cela peut avoir des conséquences sur les ménages, car les mangues sont devenues une source alimentaire et de revenus très importante dans la zone », a-t-il souligné.

Face à cette situation, les appels se multiplient pour renforcer l’accompagnement technique des producteurs et encourager la diversification des cultures, afin de limiter la vulnérabilité des ménages face aux aléas climatiques.

Dingaorané Stephane, Correspondant