Publié aux Éditions Algamar, dans la collection Hamama, en octobre 2025, ce recueil de nouvelles de 63 pages, structuré en cinq récits autonomes, explore plusieurs thématiques, notamment la condition féminine dans ses dimensions sociales, morales et existentielles. L’œuvre s’inscrit dans l’univers carcéral et met en lumière ses réalités dans un pays où les droits des citoyens et la dignité humaine demeurent souvent sujets à caution.
Dans la filiation de Le Dernier Jour d’un condamné de Victor Hugo, œuvre fondatrice sur la condition carcérale et la peine de mort, Les Aveux d’une condamnée s’affirme comme une expression significative de la littérature carcérale tchadienne. À ce titre, l’on peut évoquer Le Prisonnier de Tombalbaye de Antoine Bangui et Loin de moi-même de Zakaria Fadoul Khidir.
Le recueil s’ouvre sur une préface de six pages signée par l’écrivain Nedoum-Allahel Richard et se clôt par une postface d’Assita Sidibé, écrivaine ivoirienne. De l’incipit à l’excipit, la jeune auteure plonge le lecteur dans les méandres de l’univers pénitentiaire. L’œuvre se distingue par sa capacité à tenir en haleine, par un style d’écriture quasi poétique, un ton mélancolique marqué par la mort de Nadia, personnage principal, ainsi que par la justesse des mots.
Comme s’interroge le préfacier (pp. 2-3) :
« Écrit dans les normes des canaux d’écriture du genre littéraire exploré par l’auteure, faut-il préciser derechef que la question majeure qui aura taraudé mon esprit tout au long de la rédaction de la présente préface était : comment la nouvelliste a-t-elle pu mûrir un projet aussi prenant qu’ensorcelant, surtout en faisant usage de toutes les ressources du langage pour chérir la puissance de la littérature ? »
Le recueil explore des thématiques variées ayant pour point commun les dérives d’une société en perte de repères, notamment à travers la condition féminine qui ne cesse de subir les affres douloureuses de l’existence.
En nous promenant dans l’univers carcéral, l’écrivaine peint et dépeint un monde gorgé de peines, de douleurs, de fureurs, d’injustices et d’inhumanité. Elle invite le lecteur à interroger sa capacité discursive et réflexive face à la condition de la femme.
L’amour sincère, le foyer, la prison, la sorcellerie, la foi inébranlable en Dieu, la rivalité féminine et la déshumanisation de la femme sont abordés avec tact et finesse. Comme l’affirme Assita Sidibé :« Les Aveux d’une condamnée, s’il faut le dire sans détour, est un voyage palpitant au cœur de l’Afrique où règnent malheureusement le mal-être, la chosification de la femme, l’indigence, la maltraitance et la pauvreté de l’esprit. C’est un cri, une voix qui s’élève contre la condition féminine. Chaque texte de ce livre explore la foi à travers le regard attentif de la nouvelliste. »
Ainsi, cette œuvre se cristallise autour de la condition féminine, marquée par les affres de l’existence. Elle est empreinte d’images, d’émotions, d’interrogations, de rebondissements et d’appels à renoncer à tout ce qui abaisse l’humanité.
Éléments biographiques
Originaire du Logone Oriental, au sud du Tchad, NODJIKOUAMBAYE Florence est une passionnée de littérature. Sa plume lui a valu le Prix du concours de nouvelles organisé par l’Institut Français du Tchad en 2020.
Directrice générale des Éditions Al-Gamar, promotrice du Salon International du Livre et des Arts Associés, participante à plusieurs manifestations littéraires tant au plan national qu’international, elle est également l’auteure de «C’est cela mon cri… nos cris à nous opprimés »(Éditions Toumaï, 2021) et de «Destins brisés, récits de vies bouleversées» (Éditions Résilience, Cameroun).
«Les Aveux d’une condamnée »constitue ainsi sa troisième œuvre.
Cheik Souleyman

