À deux jours de la tenue du 5ᵉ Congrès ordinaire du Conseil National de la Jeunesse du Tchad (CNJT), prévu les 27 et 28 octobre à Abéché, plusieurs candidats regroupés au sein d’un collectif ont exprimé leurs inquiétudes quant au déroulement du processus électoral.
Réunis sous la bannière du Collectif des candidats au CNJT, Mortordé Bonheur (Coalition Un Nouveau Souffle pour la Jeunesse), Ahmat Annour Oumar Rady (Coalition Nouvelle Alliance des Jeunes pour le Développement du Tchad) et Mendigui Le Allah Mbaikar (Coalition Alliance pour la Paix et l’Excellence de la Jeunesse) ont, dans une déclaration commune, dénoncé plusieurs irrégularités qu’ils estiment de nature à compromettre la transparence et l’équité du scrutin.
Le collectif pointe notamment la publication tardive de l’appel à candidatures, la non-publication dans les délais de la liste définitive des candidats, ainsi que l’absence de communication des listes des électeurs et des délégués. Les candidats évoquent également la non-disponibilité des documents de travail, un manque de communication avec le comité d’organisation, ainsi que la délocalisation du Congrès vers Abéché, qu’ils jugent non conforme aux textes statutaires du CNJT. Selon eux, ces manquements portent atteinte à la crédibilité du processus. Ils demandent en conséquence le report du Congrès, la création d’un cadre de concertation entre les parties prenantes et le maintien de la rencontre à N’Djamena, siège statutaire de l’institution.
Les trois candidats ont été reçus ce samedi au Ministère de la Jeunesse, à la suite d’une invitation initialement adressée par le ministre. En raison d’un empêchement de dernière minute, la rencontre s’est finalement tenue avec le Comité d’organisation du Congrès. Durant plus de deux heures d’échanges, les membres du collectif ont exposé leurs doléances. Dans un communiqué transmis à la presse, ils ont salué l’esprit d’écoute du comité, tout en regrettant que la réunion n’ait pas permis de « dissiper les inquiétudes légitimes » exprimées.
Le collectif affirme par ailleurs avoir obtenu, lors de cette rencontre, de nouvelles informations renforçant ses préoccupations. Il cite notamment la désignation de vingt délégués pour la province du Ouaddaï, considérée comme contraire aux textes, ainsi que la désignation de l’ONG La Voix de la Femme comme observatrice indépendante, alors que sa présidente aurait, selon eux, publiquement soutenu un candidat.
À l’issue de cette concertation, le collectif a réitéré sa demande de report du Congrès d’au moins trois mois et annoncé le dépôt d’une requête en référé devant la juridiction compétente pour contester la tenue du Congrès dans sa forme actuelle. Parallèlement, les trois candidats ont annoncé la tenue d’un « Congrès de la Résurrection du CNJT » les 27 et 28 octobre à N’Djamena, présenté comme une initiative symbolique « ouverte à tous les jeunes du Tchad épris de démocratie et de transparence ».
Pour l’heure, ni le Comité d’organisation du Congrès ni le ministère de la Jeunesse n’ont réagi officiellement aux accusations formulées par le collectif.

