• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Lac-Wey : la sécurité alimentaire en péril face à la dégradation des terres cultivables

Lac-Wey : la sécurité alimentaire en péril face à la dégradation des terres cultivables

À l’instar des autres départements de la province du Logone Occidental, le Lac-Wey fait face à une menace persistante sur le plan de la sécurité alimentaire. L’appauvrissement progressif des terres cultivables, la croissance rapide de la population et l’irrégularité des pluies constituent autant de facteurs qui affectent négativement les rendements agricoles de la campagne en cours.

Situé à une dizaine de kilomètres de la ville de Moundou, le village de Maïkag, autrefois considéré comme le “grenier” du département du Lac-Wey, voit aujourd’hui sa capacité de production agricole diminuer considérablement. Les besoins familiaux se font de plus en plus pressants, suscitant inquiétude et désolation parmi les habitants.

Djégoldé David témoigne de son désarroi : « Nous cultivons depuis plusieurs années sur les mêmes terrains, et ils finissent par s’appauvrir. Que les autorités nous viennent en aide avec des variétés précoces, sinon la production baisse saison après saison, ce qui constitue une réelle menace pour la sécurité alimentaire », confie-t-il.

À quelques pas de là, Mbaihornom Arnaud s’en sort un peu mieux grâce aux techniques modernes de fertilisation du sol. Toutefois, lui aussi reste préoccupé. « La production n’est pas prometteuse cette année à cause de l’irrégularité des pluies. Nous allons nous contenter du peu que Dieu nous a donné pour survivre. Pour ma part, j’ai cultivé trois espèces différentes sur une même parcelle, et cela s’avère plutôt rentable », explique-t-il.

De son côté, Damary Keurtemar Gabriel, en pleine récolte d’arachides, déplore un faible rendement et regrette que tous les paysans ne disposent pas des moyens nécessaires pour fertiliser leurs champs. « Le sol devient pauvre. Nous cultivons, mais le rendement reste faible. Il faut enrichir le sol, et l’État, à travers des structures comme l’ANADER, doit nous soutenir », plaide-t-il.

Entre incertitude et découragement, les paysans du Lac-Wey s’interrogent sur leur capacité à nourrir leurs familles demain tout en préservant les terres héritées de leurs ancêtres. En attendant une solution durable, la sécurité alimentaire locale vacille dangereusement.

Dingaorané Stephane, Correspondant