• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Vitres fumées : l’urgence pour l’État de restaurer l’ordre

Vitres fumées : l’urgence pour l’État de restaurer l’ordre

S’assumer est un devoir de responsabilité qui incombe à tout citoyen lorsque les plus hautes autorités de l’État font le choix de lui confier une charge publique. Une fois investi, l’intéressé se doit d’agir, dans le cadre fixé par les textes, avec rigueur et efficacité. Cela est d’autant plus crucial que chaque responsable est tenu à une obligation de résultats, particulièrement en matière de sécurité.

Le Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, a récemment exprimé, avec insistance, la nécessité pour les responsables de la sécurité de s’assumer pleinement et sans réserve. Dans le cas contraire, a-t-il averti, il prendra lui-même les mesures qui s’imposent. Cette mise en garde a été suivie d’une série d’actes, preuve que les attentes en matière de sécurité ne souffrent plus d’atermoiements. Pour le Chef de l’État, changer les hommes ne suffira pas si chacun continue de nourrir des hésitations ou d’agir avec frilosité sans l’intention de restaurer l’autorité de l’État. Ses propos tenus lors de la rencontre avec les présidents des conseils provinciaux et les délégués généraux du gouvernement résonnent comme un double appel : un avertissement clair et une invitation à l’engagement sincère.

Sur le terrain, certains dysfonctionnements sécuritaires persistent, à commencer par la prolifération des véhicules à vitres fumées. Ce phénomène, pourtant formellement interdit par plusieurs textes, résiste encore à la puissance publique. Il convient de rappeler que les vitres fumées ne doivent pas être confondues avec les vitres teintées, qui, elles, sont autorisées sous certaines conditions. Plus les interdictions se multiplient, plus le nombre de véhicules aux vitres fumées augmente dans les grandes villes comme dans les provinces. Cette banalisation interroge sur la capacité réelle de l’État à faire respecter ses propres décisions.

Certains de ces véhicules servent à transporter des armes ou sont le théâtre d’actes immoraux, contraires à la morale, aux lois et aux principes religieux. Parfois même, leurs conducteurs sont des mineurs ou des personnes qui ne devraient, en aucun cas, disposer de tels privilèges. Cette situation met en lumière une faille grave dans la chaîne de commandement sécuritaire, et un affaiblissement de l’autorité publique.

Les récentes nominations à la tête du ministère de la Sécurité publique sont à saluer. Elles traduisent une volonté manifeste du Président de la République d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations légitimes des Tchadiens. Toutefois, ces changements ne produiront d’effet que si l’État parvient à faire respecter ses décisions, au moins une fois, dans l’intérêt général.

Il est regrettable de constater que certains éléments des forces de l’ordre parviennent à imposer, moyennant rétribution, la délivrance de papiers autorisant la circulation de véhicules non conformes, tout en se montrant complaisants, voire impuissants face à l’interdiction des vitres fumées. Cette incohérence entache la crédibilité des services publics et alimente un sentiment d’impunité.

Il est temps d’engager pleinement la responsabilité des agents qui délivrent illégalement ces autorisations. Des sanctions exemplaires doivent être infligées pour mettre fin à ce laxisme assimilable à une complicité active. Combien d’actes répréhensibles ont été commis par des individus dissimulés derrière ces vitres fumées, sans jamais être inquiétés, protégés par l’opacité de leur véhicule ?

Chaque responsable, à son niveau, doit œuvrer à redonner au Tchad l’image d’un pays où la sécurité n’est pas un slogan mais une réalité. Ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas s’assumer doivent céder la place à ceux qui ont une haute idée du service public et de la responsabilité. Garantir la sécurité, partout et en tout temps, pour tous les citoyens et les résidents du pays, sur l’ensemble des 1 284 000 km² du territoire national, doit être une priorité au-dessus de toute considération personnelle ou circonstancielle.

La Redaction