Le maire adjoint Dionkeye Hubert a ouvert, ce matin, un atelier d’évaluation des activités de gestion des déchets ménagers dans la ville de Moundou. Les travaux se déroulent à l’hôtel de ville, en présence de quelques conseillers municipaux et de tous les acteurs impliqués dans la gestion de cette unité.
Prenant la parole, le responsable programme du Projet de Lutte contre les Inondations à Moundou, phase II (PLIM2), M. Mbailar Ndeimian, a situé le contexte de cette rencontre. Selon lui, compte tenu de la responsabilité qui incombe à l’Unité de gestion des déchets et au curage des caniveaux dans le cadre du PLIM2, il est impératif de faire une pause pour évaluer le fonctionnement de ce service et en mesurer les résultats. Il a également précisé que, contrairement à ce que pensent certains, ce service n’est pas celui d’Initiative Développement (ID), mais bel et bien un service communal, mis en place par ID dans le cadre du PLIM1, puis renforcé avec le projet Iro Goto. À la fin de ce dernier, les compétences ont été transférées à la commune en septembre 2024.
C’est pourquoi nous souhaitons travailler avec ce service afin d’évaluer ce qui a été réalisé, ce qui ne l’a pas été, et ainsi identifier les leviers d’amélioration à activer dans le cadre de la phase II, a-t-il souligné.
Pour sa part, le coordonnateur programme d’ID, Houemadji Richard, a dressé un tableau des défis majeurs auxquels fait face le service de gestion. Il a évoqué l’absence d’un système de suivi opérationnel fiable, les difficultés matérielles, le manque de transparence dans la gouvernance — qui nuit à la redevabilité —, ainsi qu’un taux d’impayés avoisinant les 60 %, créant un déséquilibre budgétaire. Il a également pointé une collaboration encore trop informelle entre les différents acteurs.
Ces contraintes limitent l’efficacité du service et fragilisent sa durabilité, a-t-il déclaré.
Le maire adjoint de Moundou a écouté avec attention les constats dressés. Il a salué l’implication réelle de tous les acteurs de développement dans la gestion de ce service, qui a permis son maintien jusqu’à ce jour. Toutefois, il reconnaît que la gestion des déchets dans la ville reste un véritable goulot d’étranglement, en raison d’un manque criant de moyens matériels et humains à plusieurs niveaux.
Heureusement, nous pouvons compter sur nos partenaires techniques et financiers, présents depuis le PLIM1, qui ont engagé des actions saluées par tous et qui servent aujourd’hui de tremplin pour la phase II, a-t-il ajouté.

Le maire a exprimé son vœu de voir ces multiples actions contribuer, à court terme, à l’amélioration des conditions de vie des populations.Pour rappel, dans le cadre de la mise en œuvre des projets PLIM1 et Iro Goto, ID a travaillé étroitement avec les organisations de la société civile pour assurer la pérennisation des acquis. Ces projets ont permis, entre autres, la construction des Aires de Transit des Ordures Ménagères (ATOM), la mise en place des Opérateurs de Pré-Collecte (OPC), puis, plus tard, la création de l’Unité de Gestion des Déchets (UGD).
Le maire a invité les participants à mener des discussions franches autour de cette problématique cruciale, avec un objectif clair : améliorer durablement la qualité de vie des habitants de Moundou.
Dingaorané Stéphane, Correspondant

